L’Année internationale ONU de la pomme de terre 2008:
“Éclairage sur un trésor enfoui”
En Belgique également, l’IYP2008 s’est fait remarquer

Les bâtiments de la FAO à Rome ont accueilli la réunion de clôture de l’Année internationale de la pomme de terre. À cette occasion, les résultats de l’Année internationale y ont été présentés et trois expositions ont été inaugurées.

Cet événement faisait partie des objectifs ambitieux du Millénaire de l’ONU visant à réduire de moitié la faim et la pauvreté dans le monde d’ici à 2015. La crise alimentaire du printemps 2008, engendrée par les prix élevés des céréales, a souligné l’importance de la pomme de terre en tant qu’aliment de base. En Belgique également, l’Année internationale de la pomme de terre s’est fait remarquer.
Les nombreuses actions organisées par la Belgian Task Force, les organisations et les entreprises, ainsi que le soutien prévu aux projets de développement en Équateur, au Congo et au Burundi ont dévoilé ce trésor caché qu’est la pomme de terre.


Lorsque l’assemblée générale des Nations Unies a proclamé unanimement 2008 Année internationale de la pomme de terre à l’initiative du Pérou et de la FAO (l’organisation mondiale pour l’alimentation et l’agriculture), cette décision a suscité un étonnement général. Le journal canadien « Toronto Star » a même qualifié l’initiative de poisson d’avril.

Lors de la réunion d’évaluation au sein de la FAO à Rome, le directeur et représentant international de l’action, le Dr. Pamela Anderson du Centro Internacional de la Papa (CIP) situé à Lima au Pérou, a répondu du tac au tac à l’auteur de cet article. Au travers de l’IYP2008, l’ONU avait pour but d’offrir une contribution importante à ses objectifs du Millénaire, visant à réduire de moitié la faim et la pauvreté dans le monde d’ici à 2015. La récente édition « Éclairage sur un trésor enfoui » (disponible en 5 langues) illustre que celui-ci a bel et bien été atteint.

Un intérêt général croissant pour une stratégie visant la sécurité alimentaire mondiale se fait sentir depuis le lancement de l’IYP2008 en octobre 2007 dans le quartier général de l’ONU à New York. La crise suite à l’augmentation des prix alimentaires en mars 2008 a accru cet intérêt. Un nouvel article dans le « Financial Times » concernant le projet a initié un revirement auprès des médias internationaux. L’intérêt a été avivé par les nombreuses actions mondiales organisées autour de l’Année internationale de la pomme de terre.
La conférence internationale « Potato science for the poor » et les 9 conférences régionales organisées à travers le monde qui s’en sont inspirées ont soutenu la fondation scientifique. La communication et les actions de la FAO y ont également contribué. Un aperçu en 5 langues se trouve sur le site www.potato2008.org.

Le projet a également donné l’impulsion à de nouvelles initiatives: un « réseau de la pomme de terre » regroupant 14 pays a été élaboré en Amérique du Sud. En Asie, un calcul effectué par les autorités chinoises révèle que 100 millions de tonnes supplémentaires d’aliments seront nécessaires pour nourrir la population chinoise en 2020. La moitié en sera représentée par des pommes de terre. L’Inde a développé la même vision. La Chine, la Russie et l’Inde sont actuellement déjà les plus grands producteurs de pommes de terre. En Afrique subsaharienne, les moyens mis à disposition par divers organismes ont été partiellement investis dans des projets dans lesquels la pomme de terre joue un rôle, incluant ceux au niveau de nouvelles technologies concernant les plants.

Une base de données des valeurs alimentaires est en cours de développement au sein de la FAO. Celle-ci sera reliée aux résultats d’une nouvelle étude sur la valeur nutritive des pommes de terre dont la publication dans l’éminent « Journal of Food Composition and Analysis » est attendue. Le suivi de l’Année internationale de la pomme de terre de la part du monde scientifique international semble d’ores et déjà garanti.

Ceci représente la réalisation d’un des objectifs importants de l’IYP2008, c’est-à-dire la promotion d’une culture productive, rentable et durable de la pomme de terre dans le monde entier à travers un plus grand engagement de la communauté internationale et du monde politique pour continuer à développer le secteur de la pomme de terre, même après 2008.



En Belgique également, l’IYP2008 s’est fait remarquer...

L’IYP2008 a également lancé un appel au monde occidental à soutenir activement l’initiative. Il est du reste remarquable que la production de pommes de terre dans les pays en développement a dépassé celle du monde occidental.



Différents pays ont mis sur pied des projets d’aide au développement ou ont prévu une aide au financement des actions de la FAO. Les Nations Unies ont invité tous les pays à mettre la pomme de terre en exergue lors de l’IYP2008: de son importance historique et économique aux qualités culinaires et nutritionnelles de cet « humble tubercule ».



Actions visant les consommateurs, les jeunes et les professionnels

La filière belge de la pomme de terre (sous-traitants, organisations agricoles, négoce et transformation, distribution, recherche scientifique, autorités et organisations de consommateurs) s’est unie dans la Belgian Task Force de l’IYP2008, la plate-forme de communication du site www.pommedeterre2008.be expliquant les actions envers les trois groupes cibles. Différentes formations prêtant une attention particulière à la durabilité ont été organisées pour les professionnels de la pomme de terre (cultivateurs, négoce et transformation). Le concours récompensant le meilleur cultivateur du pays (Belgian Potato Quality Award) ainsi que le salon international Interpom – Primeurs étaient organisés sous le signe de l’IYP2008. Le site web contenait de nombreuses informations destinées aux consommateurs concernant l’histoire, les caractéristiques et les applications culinaires de la pomme de terre. L’organisation de différentes expositions, journées portes ouvertes dans les entreprises et les centres de recherche ont complété le passage de l’exposition « L’Odyssée de la pomme de terre » du 7 au 20 mai 2008 au « Huis ter Beurze » à Bruges.

La Belgian Task Force de l’IYP2008 entendait surtout faire participer les jeunes au projet. L’édition (en français, en néerlandais et en allemand) d’un ensemble de cours destinés à l’école primaire était accompagnée d’une action permettant aux enfants de planter et récolter leur propres pommes de terre. Les classes qui ont téléchargé une chouette photo de leurs efforts ont été récompensées par la visite d’un chef, avec lequel les écoliers ont pu préparer d’excellents plats à base de pommes de terre. Ils ont également été invités à visiter un cultivateur, négociant ou transformateur de pommes de terre près de chez eux. Des dizaines de milliers d’écoliers de Flandre et de Wallonie se sont engagés dans le projet.

Projets d’aide au développement

En guise de clôture du projet, la Belgian Task Force a sélectionné trois projets d’aide au développement en relation avec la pomme de terre soutenus par le secteur et les autorités. Des ONG expérimentées ont été consultées à cet effet. Une action de co-financement est toujours en cours pour deux projets réalisés par TRIAS dans la province de Chimborazo dans la Cordillère des Andes en Équateur (aide à la recherche de débouchés pour leurs variétés authentiques à une communauté locale d’agriculteurs) et par le Fonds Andre Ryckmans au Bas Congo (visant à permettre aux agriculteurs locaux de cultiver leurs propres plants sains). Bon nombre d’entreprises et d’organisations ainsi que les autorités wallonnes et flamandes y ont accordé leur soutien. Le secteur vise à rassembler 65.000 € en soutien à ces projets.

Enfin, un projet de reconstruction du secteur de la pomme de terre dans un Burundi déchiré par la guerre civile a été proposé aux autorités fédérales. Suite à cette guerre civile, toute connaissance de la culture et du stockage de la pomme de terre a été perdue dans ce pays qui était jadis une région de culture tellement développée. Le rétablissement du secteur est essentiel pour aider la population à combattre la faim et la pauvreté. Ce projet d’une durée de trois ans a été budgétisé à 1,05 million d’euros et sera réalisé par le CIP, en collaboration avec différents organismes belges. Il s’inscrit clairement dans le cadre des longues années de collaboration intense entre notre pays et le CIP au Pérou. Le secteur espère dès lors pouvoir faire accepter ce projet au cours de 2009.

Le site www.pommedeterre2008.be restera en ligne jusqu’en 2009 comme signe que l’Année internationale ONU de la pomme de terre 2008 n’est que le coup de départ pour l’élaboration continue des actions lancées dans les années à venir. Une lumière nouvelle a montré la pomme de terre sous un autre angle en 2008. Cette lumière perdurera après cette période de Noël et Nouvel An.

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